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Santé
CANCER : REPORTAGE
par Yaay Néné

Rubrique : Les Dossiers

Les couloirs et salles de l’établissement d’hospitalisation du Service Cancérologie de l’hôpital Aristide le Dantec sont peuplés d’anecdotes sur les personnes atteintes du cancer. La vie ne tient ici qu’à un fil.

Hôpital Aristide le Dantec, Service Cancérologie, Établissement d’hospitalisation. Ici le silence est presque total. Les seuls sons sont émis par les infirmiers et les accompagnants. Déjà isolés du monde des vivants, les malades sont submergés par leurs pensées profondes. En salle de chimiothérapie, les cancéreux en état d’altération générale c'est-à-dire ceux qui ne sont pas encore opérés, acceptent à peine de faire des témoignages.

Ce M. atteint du cancer du rectum, nous montre un sachet de médicaments évalué à 75.000 Fcfa. « J’ai déjà fait quatre chimiothérapies et une radiothérapie. Comme vous le voyez, les médecins s’apprêtent à m’opérer » : informe-t-il en esquissant un petit sourire. « Priez pour moi ma fille », ajoute-il.

Même endroit en Cabine 2, une dame, atteinte cette fois-ci d'une tumeur gastrique, se tient assise sur son lit d’hospitalisation. Presque squelettique, les yeux globuleux, elle est nourrie par l’espoir de vivre et doit sortir dans la journée. Flux et reflux, elle revient sur les manifestations de sa maladie :« Ma maladie a commencé à se manifester par des vomissements répétitifs. C’était au mois de ramadan dernier. Après diagnostic, les résultats ont montré une plaie localisée au niveau de l’estomac » ; raconte cette quadragénaire qui conseille à toutes les femmes de faire régulièrement des contrôles médicaux.

Mme Sall est une ancienne malade atteinte du cancer du sein. Cette enseignante est partagée entre un sentiment de tristesse et de soulagement. «Quand je pense à toutes les femmes avec qui on suivait le traitement et qui nous ont laissées en chemin, je suis animée par une immense tristesse. Je remercie le seigneur tout puissant qui m’a permis de toujours être aux cotés de mes trois garçons ». Très familière avec les médecins et infirmiers, elle s’engouffre dans tous les bureaux et arrache quelques sourires aux malades sur son passage.

Le cancer porte un nom, un visage, un quartier, mais ce que les patients ont en commun c’est le stress ravivé par la cherté des traitements et la conception sociologique qu’on a de cette maladie. Et pour certains ceci est juste une mort programmée.


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