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Chroniques
Hello Yaay!
par Yaay Marie

Rubrique : Les Contrib

Je la vois de l’autre côté de la rue, se dandinant lentement, moulée dans une jolie robe en wax, se déplaçant avec entre les mains sa petite poussette qu’elle arbore fièrement, une allure de véritable working-girl.

Dans la poussette, un adorable bébé, qui semble insouciant du monde qui l’entoure. Soudain, il fait tomber son petit jouet et fond en larmes, sa maman se précipite pour le ramasser et lui fait un bisou. Ce qui semble calmé le poupon qui tout joyeux se remet à jouer pour le grand plaisir de sa maman. Parfois, dans un sursaut de « baby- lucidité », il se met à sourire sans raison, surement est-ce le monde qu’il trouve amusant. Tous ces petits gestes se font sous le regard émerveillé et bienveillant de sa splendide maman. 

« Qu’ils sont beaux tous les deux !» pensai-je émue. Je manque de tomber de façon très peu élégante sur ce satané trottoir. Ma curiosité me perdra ! Cette scène est trop belle, je ne  peux pas m’en empêcher. Me dis-je pour me consoler. J’ai envi d’aller lui demander un autographe car je suis comment dire subjuguée par cette scène d’une beauté …. angélique…

Oups ! Où ai-je la tête ? Je ne me suis même pas présentée ! Voilà je m’appelle Marie alias bébé Marie pour Feue ma Mamie et certaines de mes tatas. Et oui ! Moi aussi, à l’époque, je fus un bébé. J’ai 20 ans, j’aime les glaces, les gâteaux, la lecture, les fous rires incontrôlés, dormir…bref je suis un mix entre une étudiante normale et un personnage atypique …

Alors que dans certaines contrées du monde, à mon âge, mes homologues féminines sont déjà mères, moi je ne le suis pas ! Et c’est avec un regard curieux que j’observe les mamans en me demandant : « A quoi vais-je ressembler quand je serai mère ? »
Il faudrait d’abord un père responsable, ce qui ne court pas les rues de nos jours ! Bon cava, à mon âge, je sais pertinemment que les garçons ne naissent pas dans les choux et les filles dans les roses !
Je marche donc, soucieuse et quelque peu troublée par cette adorable vision.

Qu’est ce qu’on ressent quand on devient mère ? Comment peut-on allier à la fois son rôle de mère et de femme ? J’avoue que je vois les mères comme des super-héroïnes ! Je l’imagine avec sa cape, soignée jusqu’au bout des ongles, changeant des couches d’une main, donnant le sein d’une autre ! (HA OUI ! Parait-il que c’est fortement conseillé !). Ne me demandez pas comment je le sais, je lis les panneaux de sensibilisation moi, en tant que Yaay du futur. Et puis comme toute jeune fille qui se respecte, mes oreilles trainent à chaque fois que les mamans ont des conversations sur les bébés. Ha oui ! Je stocke les informations ! Nous, les filles, on est comme ça ! On a une curiosité manifeste sur les étapes futures de nos vies.

Je la suis donc des yeux. Elle s’éloigne peu à peu et tourne dans une ruelle pour mon grand désespoir. Je dois donc dire au revoir à Madame poussette et son adorable poupon. Je manque de rater l’arrêt de bus. Après une longue attente d’une trentaine de minutes (Un bus toutes les 15 minutes mon œil !), le bus daigne enfin faire son apparition sous le regard désabusé de mes quelques compagnons d’infortune qui semblent sur le point de défaillir ! 

Oui, l’attente fut longue et douloureuse. Je disais donc que je pris le bus, histoire de rentrer chez moi (oui faut bien que je rentre). A bord du bus, une femme, debout, un bébé sur le dos. Personne pour lui céder sa place, personne pour lui accorder un regard. Oui, c’est vrai, je l’avoue, c’est difficile de trouver une place assise dans le bus, mais tout de même ! Une Yaay ça se respecte ! Elle ne semble pas fatiguée, et reste fièrement debout. Son pagne multicolore, noué savamment, retient son joli bébé, qui un bout de banane entre ses petites mains, se plait à le mâchouiller joyeusement. Il gesticule, poussant de petits cris, arrachant un sourire à sa mère et à quelques passagers attendris, moi la première.

Soudain, je la revois encore, cette super-héroïne, cape au vent, portant fièrement son trésor. Soudain le contraste me frappe, entre la maman à la poussette et celle qui porte son bébé sur le dos, il ya un indéniable point commun : cette alchimie entre elles et leurs bébés.

Humm… Ce doit être beau d’être Yaay… Me dis-je en rêvassant…

Marie, Yaay du Futur 

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